dimanche 25 juin 2017

Tutoriel injection d'Androtardyl dans la cuisse (sous titres français)

Hello!

J'ai déjà fait ici: http://imnotacisboy.blogspot.fr/2015/03/tuto-injection-dandrotardyl-fesse.html un tuto photo pour faire son injection de testo dans la fesse, et maintenant que j'ai une webcam qui fonctionne et que je suis passé à l'injection dans la cuisse, voici une vidéo explicative à ce propos.
Si besoin, vous pouvez activer les sous-titres.


mercredi 7 juin 2017

Le privilège binaire n'existe pas

Le privilège binaire n'existe pas

Je commence à être sérieusement agacé (faux : ça fait un moment que ça me gonfle au plus haut point), par les discours qui circulent à propos d'un prétendu privilège dont bénéficieraient les trans dit-e-s « binaires » par rapport aux trans dit-e-s « non-binaires ».

Dans le cadre d'une oppression systémique, un groupe social tire des privilèges de l'oppression d'un autre groupe. Par exemple, le sexisme consiste à ce que les hommes aient des privilèges qu'ils tirent de l'oppression des femmes. Dans le cas de la transphobie, les personnes cis tirent des privilèges de l'oppression des personnes trans.

Les personnes trans, en tant que groupe social, et donc en comparaison avec le groupe social des personnes cis, sont discriminées dans l'accès à un logement, à un emploi, à la santé, rejetées par leur famille, galèrent à se mettre en couple, et quand elles sont en couple avec une personne cis, s'exposent à de la transphobie (contrôle sur la transition, violences, etc.), sont précaires, sont assassinées par des personnes transphobes, se suicident plus que les cis, etc. Le système transphobe permet aux cis de légiférer sur les droits des personnes trans, et donc à contrôler notamment leurs transitions, et donc leur accès à une vie sociale et à la modification ou non de leurs propres corps. Par exemple, les transitions médicalisées sont soumises à l'approbation d'un-e psychiatre, le changement d'état civil à l'approbation d'un juge.

À partir de cette notion de privilège (et sans l'avoir comprise), les personnes se revendiquant comme « non-binaires » ont décrété que les personnes qu'elles appellent « trans binaires » avec des privilèges sur elles en tant que groupe.

La définition de la non-binarité se base sur « le ressenti ». Voici un extrait de la Bible Non Binaire (en vrai, dés que quelqu'un commence à parler de privilège binaire, tout le monde renvoie sur ce site, qui est à peu près la seule source de ce genre de conneries propos) :
Dans le cas de la non-binarité, on parle bien de genre, et non pas d'expression de genre (look, apparence, goûts) ni d'organes génitaux/chromosomes/hormones. Le terme non-binaire se réfère spécifiquement au genre et pas à l'expression de genre. C'est comme ça que ce mot est définit. Une personne non-binaire peut avoir n’importe quelle expression de genre et n’importe quels organes génitaux/chromosomes/hormones.
Si vous dites que vous êtes non-binaire uniquement parce que vous ne vous conformez pas aux stéréotypes de genre alors que vous vous identifiez pleinement comme homme ou femme alors vous vous trompez dans l'utilisation  du terme non-binaire, car ce n'est pas ce que ça veut dire !  Effectivement, lorsqu’on n’est pas conforme aux attentes genrées, on est hors normes par rapport au système binaire cissexiste. Mais encore une fois, ce n'est pas ce que signifie le terme non-binaire qui vise spécifiquement l'identité de genre. Le terme que vous cherchez est plutôt « non conforme [dans l’expression de genre »  mais il existe aussi d’autres termes à votre disposition.1
Voilà voilà. La définition de la non-binarité s'appuie donc exclusivement sur ce qui se passe dans la tête des gens. À partir de là, comment imaginer que ces personnes vivent une oppression spécifique, liée à leur genre ? Il faut aussi noter que la notion de genre a été totalement dépolitisée et vidée de son sens par une partie du mouvement non-binaires (si on peut qualifier de mouvement une tendance concentrée principalement sur internet à suivre à la lettre les préceptes dictés sur un blog tenu par une seule personne, sans jamais vérifier ses sources, mais passons), qui ont décrété que le genre n'avait strictement aucun lien avec le masculin et le féminin. On peut par exemple parler des « xénogenres », qui se définissent de la sorte :
Il s’agit de genres se définissant en dehors des concepts de masculinité et de féminité, c'est à dire des genres ni féminins ni masculins.
Il existe ce qu'on appelle un vide lexical en ce qui concerne ce type de genre, c'est à dire que le langage ne permet pas de les décrire et de les nommer, puisque le langage genré a été construit de manière binaire autour des concepts de masculinité et de féminité
Puisque les personnes xénogenres ne peuvent pas décrire leurs identités en rapport avec la féminité et la masculinité, elles ont recours à d'autres moyens de classification. Il est alors plus naturel pour elles de décrire leurs genres à l'aide de métaphores et d'analogies que la plupart des gens n'attribuent pas du tout au genre (nature, espace, temps, choses, chiffres, sentiments, sensations, couleurs…) Associer son genre à un autre élément se fait de manière spontanée et instinctive chez les personnes xénogenres, ce n'est pas quelque chose qui se choisit.2
Kamoulox. Rappelons que la notion de genre a un sens précis. Les sciences sociales, et notamment la sociologie, considèrent que les différences entre les femmes et les hommes ne sont pas entièrement liées à la biologie, et donc au sexe. Ces différences ne sont pas naturelles, innées, mais construites socialement, donc acquises. Le genre est construit par l'environnement social des individus, qui pousse les personnes nées avec un sexe dit féminin à se construire comme femme, et les personnes nées avec un sexe dit masculin à se construire comme homme. La notion de genre est donc liée à la notion de sexe, puisque l'assignation de naissance, faite en fonction du sexe biologique, conditionne les individus et leur entourage à se construire d'une certaines façon, sans quoi elles subissent le sexisme (le sexisme sera de toute façon subi par les femmes, qu'elles se conforment aux attentes sociales de leur genre ou pas, mais prendra d'autres formes si elles ne s'y conforment pas) et ses dérivés : l'homophobie et/ou la transphobie. Le genre permet d'analyser les rapports de domination entre femmes et hommes, homos/bis et hétéros, et trans et cis. Elle s'appuie sur une dichotomie, c'est à dire entre l'opposition de deux catégories.

À partir de là, comment, en ne changeant pas absolument toute la définition de la notion de genre, peut-on décider que le genre est uniquement un ressenti, qui peut n'avoir strictement aucun lien avec le masculin et le féminin ? Déso mais on ne peut pas, « 14 » ou « chaud » ne rentrent pas dans la définition de genre et ne sont pas sources d'oppression. Par ailleurs, le genre se construit, étant donné que c'est une construction sociale, et n'est pas « spontané ». J'ai lu plusieurs personnes se disant xenogenres expliquer que leur genre était dans leur cerveau, ce qui est complètement essentialiste. Une construction sociale n'est pas innée, ce n'est pas votre cerveau qui l'a construite en autonomie totale, de manière totalement indépendante des normes sociales. Si vous pensez que votre genre est apparu en même temps que votre cerveau, n'utilisez pas la notion de genre, ce n'est pas ce qu'elle signifie.

À partir de ces re-définitions approximatives, les personnes non-binaires, c'est à dire qui ont genre (ressenti, donc...) qui n'est pas exclusivement, ou pas du tout, masculin ou féminin, ne sont pas cis, et sont donc trans. Enfin en général, non, ce n'est même pas qu'on dit qu'elles sont trans mais qu'elles sont légitimes à se dire trans, comme si c'était un privilège d'avoir le droit de rentrer dans ce cercle si fermé. Trans, ok, mais sans aucun lien avec une quelconque forme de transition hein, on va pas non plus poser des définitions trop fermées sur des mots, ça serait oppressif.

Alors il y a plusieurs cas de figure, évidemment. Il y a des personnes qui transitionnent ou qui désirent transitionner, et qui se disent non-binaires. Il y a aussi des personnes qui ne transitionnent pas et ne comptent pas le faire, et qui se disent non-binaires. À partir de là, mettons tout ce monde sous le même parapluie, et appelons ça « le spectre non-binaire », qui s'oppose aux binaires et faisons comme si toutes ces personnes vivaient une oppression commune. Par « binaires », on entend simplement toute personne qui ne se dit pas non-binaire hein, n'allez pas chercher plus loin.
Donc ensuite, ça permet assez simplement de crier à l'oppression dés que quelqu'un ose remettre en cause la pertinence politique de la multiplication infinie des étiquettes de « genres », et concrètement, ça veut dire de réduire au silence des personnes trans dites « binaires », notamment dans des espaces d'auto-support trans.

Qui sont « les trans binaires » ?

Comme dit plus haut, ce sont les personnes trans qui ne se définissent pas comme non-binaires et/ou qui critiquent la (piteuse) tentative de politisation de la non-binarité (ou Unique En Son Genre). À partir de ce moment de l'article, je risque de m'énerver quelque peu, donc je vais tenter de garder mon calme et de faire preuve de pédagogie pour que mon propos reste lisible.
Quel est donc ce fameux privilège binaire ?

Pour tout dire, c'est un sacré fourre-tout pas très réfléchi ni très articulé, et rempli de contradictions internes et de remaniement en cours de route de ses propres re-définitions. L'astuce, c'est que dés que quelqu'un critique, il suffit de se boucher les oreilles et de dire qu'on est discriminé-e par les interrogations des méchant-e-s binaires.

Par exemple (j'invente rien hein, ce sont uniquement des choses que j'ai lues plusieurs fois) :

  1. Le privilège binaire, c'est de pouvoir changer d'état civil, alors que les non-binaires ne peuvent pas avoir le genre qui correspond à leur ressenti sur leurs papiers d'identité.

  2. Les trans binaires n'ont pas besoin de mentir à leur psy pour avoir une attestation.

  3. C'est, après une transition médicalisée, d'avoir un cispassing, et du coup paf, plus de transphobie.

  4. C'est d'avoir fait une opération génitale, et de juger les non-binaires qui n'en veulent pas.

  5. C'est que les trans binaires sont visibles et pas les non-binaires qui souffrent de l'invisibilité.
Alors, reprenons dans l'ordre (en rappelant que, hey, grande nouvelle : il existe tout un panel de transitions, on se fatigue à le répéter depuis des lustres, on n'a pas tou-te-s les mêmes besoins et les mêmes envies) :

  1. À quel moment est-ce un privilège de devoir passer par l'approbation d'un juge pour avoir le droit de changer d'état civil ? C'est un privilège que des cis légifèrent sur nos droits en s’asseyant gaiement sur les revendications des associations trans (c'est à dire : changement d'état civil libre et gratuit sur simple déclaration en mairie) ? Non.
  2. Comme pour le premier point, être forcé-e d'avoir une attestation psy pour entamer une transition médicalisée, c'est pas un privilège, au contraire. Et saviez-vous que les « trans binaires » sont tout autant que vous forcé-e-s d'adopter un discours caricatural et stéréotypé pour obtenir une attestation ? On dirait Colette Chiland3 quand vous dites des choses aussi stupides. J'ajoute que si par exemple un homme trans a su qu'il était trans à 3 ans, qu'il a joué aux petites voitures et qu'il aime le foot, tant mieux pour lui si ça lui facilite sa transition en fait, le problème c'est qu'on ai tou-te-s à se conformer à ce discours pour coller aux stéréotypes que les cis nous associent, pas que certain-e-s d'entre nous y collent.
  3. Donc là on apprend que toutes les personnes trans qui font une transition médicalisée ont un cispassing. Faux. Et avoir un cispassing est un avantage, oui : on risque moins de se faire casser la gueule dans la rue, on galère moins à trouver du taf (si on n'a pas été trop abimé-e-s par la transphobie et qu'on est en état d'en chercher un), etc. Mais enfin dans quel monde vous vivez pour penser que paf, si on est perçu-e-s comme cis dans la plupart des situations de la vie sociale, ça nous protège totalement de la transphobie ? À moins d'arrêter complètement : d'aller chez le médecin, d'avoir une vie familiale, une vie amoureuse et/ou sexuelle, de vouloir des enfants, de fréquenter toute personne qu'on a connu avant transition, et de ne jamais parler de notre passé, oui ça va c'est cool. Avoir un cispassing est un avantage, qui nous permet d'accéder à un certain nombre de privilèges, sous conditions que personne ne découvre qu'on est trans, ce qui, au passage, peut être une sacré source d'angoisse au quotidien. Et puis avoir un cispassing ne va pas automatiquement avec avoir des papiers dans le bon genre, pour rappel. Par ailleurs, les personnes qui se disent non-binaires sont tout aussi susceptibles que les personnes trans dites binaires d'avoir un cispassing (qui se soit parce qu'elles transitionnent… ou parce qu'elles ne transitionnent pas, enfin qu'elles sont cis quoi).
  4. Cette histoire d'opérations génitales m'énerve vraiment beaucoup. C'est très loin d'être un privilège d'avoir besoin d'avoir recours à des traitements médicaux pour transitionner. Ça implique de devoir faire face à des médecins, généralement transphobes, et même si illes ne le sont pas, on a quand même besoin de leur aval pour faire quoi que ce soit, et on dépend d'elleux. La plupart des endocs dans le privé ont des dépassements d'honoraires, pareil pour les chirurgie, à une autre échelle de prix. Souvent on ne trouve personne pour nous suivre à l'endroit dans lequel on habite. Des personnes trans doivent aller à l'étranger pour se faire opérer et ces opérations coûtent cher, alors qu'on est une population précaire. Si on veut avoir accès à une opération génitale en France, on doit passer par les équipes pluridisciplinaires, qui sont une institution transphobe et qui ont la main-mise sur ce type d'opérations. Pour que ces opés soient remboursées, on nous oblige à deux ans de suivi psy, sinon c'est mort, pas d'entente préalable. Et qu'est-ce qui vous fait penser que c'est un privilège d'avoir besoin d'une opération, de se sentir mal à l'aise avec une partie de son corps ? Paye ton privilège, sérieux. Et d'où sort cette idée que les « trans binaires » se font tou-te-s opérer du bas ? Je croyais que le genre et le corps n'avait aucun rapport ? Là comme par magie, si. Et oui, certaines personnes trans tiennent des propos qui craignent à l'encontre des personnes trans qui ne souhaitent pas ce type d'opérations. Mais en quoi est-ce un privilège ? Elles ne forment pas un groupe social distinct des autres personnes trans, et ne tirent pas de privilèges du fait de critiquer les personnes qui ne sont font pas opérer, elles subissent elles-mêmes la transphobie, et elles n'ont aucun pouvoir qui leur permet de tirer un quelconque privilège de la situation.
  5. Que nous apporte la visibilité ? Ben en fait globalement, si on est visibles en tant que trans, on risque de subir des violences. Super hein ? À chaque fois qu'on est visibles, contre ou de notre plein gré, on risque de se faire tabasser, violer, insulter, discriminer. Je suis un mec trans, j'effectue une transition pour être perçu en tant que mec parce que c'est comme ça que je suis le plus à l'aise. Vous croyez sincèrement que les cis en ont quelque chose à battre de comment je considère mon genre, d'où je me situe sur « le spectre du genre » ? Non, illes s'en foutent, ce qui les intéresse, c'est que j'ai transitionné, et que du coup je ne suis pas « un vrai mec » pour elleux, c'est à dire pas un mec cis. C'est sur cette base, parce que parfois les gens ont accès à l'information que je suis trans, que je subis une oppression et que les gens ont des comportement et des propos transphobes à mon encontre, pas à cause de mon ressenti.
On constate quand même beaucoup dans ces exemple une tendance à se calquer sur la distinction des psychiatres entre trans primaires et trans secondaires, mais je dis ça je dis rien. Enfin sauf que les psys ne disent pas que les trans primaires oppressent les trans secondaires.

À qui sert le découpage entre trans « binaires » et « non-binaires » ?

Étant donné que la pseudo non-binarité politique n'a pas vraiment d'existence en dehors d'internet, le seul effet concret que je vois, c'est qu'un petit groupe qui exotise les oppressions se fait mousser et assoit son petit pouvoir en parasitant les groupes d'auto-support trans en ligne, qui sont, pour encore pas mal de personnes trans, les seules sources pour avoir accès à des informations sur les transitions et du soutien communautaire face à la transphobie et l'isolement. Cela a pour effet d'éloigner les personnes qui en auraient besoin des informations fiables et du soutien dont elles ont besoin. Ça va de pair à le fait de considérer que les associations trans sont pleines de trans binaires, et de décourager des personnes en questionnement d'aller les consulter, et donc de les priver d'informations et de rencontrer d'autres personnes trans dans la vraie vie. Parce que merci, mais si les ressources ce sont des listes d'identités, et ensuite t'es lâché-e dans la nature avec tes belles étiquettes, ben t'es pas dans la merde hein… Le développement personnel, c'est pas de la lutte contre la transphobie.

Ces groupes forment une petite élite de gens qui se branlent sur des concepts qu'ils se sont appropriés parce que les oppressions c'est sexy, et toute personne en questionnement qui débarque et qui ne maîtrise pas le vocabulaire se fera descendre à toute vitesse. J'ai vu plusieurs fois des personnes trans qui étaient dans la merde et cherchaient de l'aide qui arrivaient en disant « bonjour je suis transsexuelle », ou « je suis né dans le mauvais corps », ou « j'aimerais devenir un garçon », ben 50 personnes leur sont tombées dessus en les engueulant parce que c'est trop pas ça qu'il faut dire, c'est trop oppressif, allez, t'es transphobe et binaire, tu dégages parce que c'est trop malaisant pour les gens déconstruits que tu dises des choses aussi terribles, suppôt du cissexisme, truscum, transmédicaliste, sale TERF. D'ailleurs surtout ne vous posez pas de questions sur le fait d'avoir des insultes (truscum et transmédicaliste) spécifiquement tournées vers les personnes trans, comme si elles en chiaient pas assez.

Faire croire que les trans que vous dites binaires vous oppriment, ça sert juste le cistème en fait.

Notes:
2http://uniqueensongenre.eklablog.fr/c-est-quoi-un-xenogenre-a126849802
3« Il n’est pas question qu’un transsexuel mâle biologique soit féministe, il ne peut que se conformer d’une manière caricaturale aux stéréotypes sociaux pour se faire reconnaître comme femme (et vice versa). Le discours des transsexuels interrogés sur ce qu’est la masculinité ou la féminité est remarquablement pauvre et conformiste. »
(C. Chiland, Changer de sexe, pp. 66-67).