mercredi 7 juin 2017

Le privilège binaire n'existe pas

Le privilège binaire n'existe pas

Je commence à être sérieusement agacé (faux : ça fait un moment que ça me gonfle au plus haut point), par les discours qui circulent à propos d'un prétendu privilège dont bénéficieraient les trans dit-e-s « binaires » par rapport aux trans dit-e-s « non-binaires ».

Dans le cadre d'une oppression systémique, un groupe social tire des privilèges de l'oppression d'un autre groupe. Par exemple, le sexisme consiste à ce que les hommes aient des privilèges qu'ils tirent de l'oppression des femmes. Dans le cas de la transphobie, les personnes cis tirent des privilèges de l'oppression des personnes trans.

Les personnes trans, en tant que groupe social, et donc en comparaison avec le groupe social des personnes cis, sont discriminées dans l'accès à un logement, à un emploi, à la santé, rejetées par leur famille, galèrent à se mettre en couple, et quand elles sont en couple avec une personne cis, s'exposent à de la transphobie (contrôle sur la transition, violences, etc.), sont précaires, sont assassinées par des personnes transphobes, se suicident plus que les cis, etc. Le système transphobe permet aux cis de légiférer sur les droits des personnes trans, et donc à contrôler notamment leurs transitions, et donc leur accès à une vie sociale et à la modification ou non de leurs propres corps. Par exemple, les transitions médicalisées sont soumises à l'approbation d'un-e psychiatre, le changement d'état civil à l'approbation d'un juge.

À partir de cette notion de privilège (et sans l'avoir comprise), les personnes se revendiquant comme « non-binaires » ont décrété que les personnes qu'elles appellent « trans binaires » avec des privilèges sur elles en tant que groupe.

La définition de la non-binarité se base sur « le ressenti ». Voici un extrait de la Bible Non Binaire (en vrai, dés que quelqu'un commence à parler de privilège binaire, tout le monde renvoie sur ce site, qui est à peu près la seule source de ce genre de conneries propos) :
Dans le cas de la non-binarité, on parle bien de genre, et non pas d'expression de genre (look, apparence, goûts) ni d'organes génitaux/chromosomes/hormones. Le terme non-binaire se réfère spécifiquement au genre et pas à l'expression de genre. C'est comme ça que ce mot est définit. Une personne non-binaire peut avoir n’importe quelle expression de genre et n’importe quels organes génitaux/chromosomes/hormones.
Si vous dites que vous êtes non-binaire uniquement parce que vous ne vous conformez pas aux stéréotypes de genre alors que vous vous identifiez pleinement comme homme ou femme alors vous vous trompez dans l'utilisation  du terme non-binaire, car ce n'est pas ce que ça veut dire !  Effectivement, lorsqu’on n’est pas conforme aux attentes genrées, on est hors normes par rapport au système binaire cissexiste. Mais encore une fois, ce n'est pas ce que signifie le terme non-binaire qui vise spécifiquement l'identité de genre. Le terme que vous cherchez est plutôt « non conforme [dans l’expression de genre »  mais il existe aussi d’autres termes à votre disposition.1
Voilà voilà. La définition de la non-binarité s'appuie donc exclusivement sur ce qui se passe dans la tête des gens. À partir de là, comment imaginer que ces personnes vivent une oppression spécifique, liée à leur genre ? Il faut aussi noter que la notion de genre a été totalement dépolitisée et vidée de son sens par une partie du mouvement non-binaires (si on peut qualifier de mouvement une tendance concentrée principalement sur internet à suivre à la lettre les préceptes dictés sur un blog tenu par une seule personne, sans jamais vérifier ses sources, mais passons), qui ont décrété que le genre n'avait strictement aucun lien avec le masculin et le féminin. On peut par exemple parler des « xénogenres », qui se définissent de la sorte :
Il s’agit de genres se définissant en dehors des concepts de masculinité et de féminité, c'est à dire des genres ni féminins ni masculins.
Il existe ce qu'on appelle un vide lexical en ce qui concerne ce type de genre, c'est à dire que le langage ne permet pas de les décrire et de les nommer, puisque le langage genré a été construit de manière binaire autour des concepts de masculinité et de féminité
Puisque les personnes xénogenres ne peuvent pas décrire leurs identités en rapport avec la féminité et la masculinité, elles ont recours à d'autres moyens de classification. Il est alors plus naturel pour elles de décrire leurs genres à l'aide de métaphores et d'analogies que la plupart des gens n'attribuent pas du tout au genre (nature, espace, temps, choses, chiffres, sentiments, sensations, couleurs…) Associer son genre à un autre élément se fait de manière spontanée et instinctive chez les personnes xénogenres, ce n'est pas quelque chose qui se choisit.2
Kamoulox. Rappelons que la notion de genre a un sens précis. Les sciences sociales, et notamment la sociologie, considèrent que les différences entre les femmes et les hommes ne sont pas entièrement liées à la biologie, et donc au sexe. Ces différences ne sont pas naturelles, innées, mais construites socialement, donc acquises. Le genre est construit par l'environnement social des individus, qui pousse les personnes nées avec un sexe dit féminin à se construire comme femme, et les personnes nées avec un sexe dit masculin à se construire comme homme. La notion de genre est donc liée à la notion de sexe, puisque l'assignation de naissance, faite en fonction du sexe biologique, conditionne les individus et leur entourage à se construire d'une certaines façon, sans quoi elles subissent le sexisme (le sexisme sera de toute façon subi par les femmes, qu'elles se conforment aux attentes sociales de leur genre ou pas, mais prendra d'autres formes si elles ne s'y conforment pas) et ses dérivés : l'homophobie et/ou la transphobie. Le genre permet d'analyser les rapports de domination entre femmes et hommes, homos/bis et hétéros, et trans et cis. Elle s'appuie sur une dichotomie, c'est à dire entre l'opposition de deux catégories.

À partir de là, comment, en ne changeant pas absolument toute la définition de la notion de genre, peut-on décider que le genre est uniquement un ressenti, qui peut n'avoir strictement aucun lien avec le masculin et le féminin ? Déso mais on ne peut pas, « 14 » ou « chaud » ne rentrent pas dans la définition de genre et ne sont pas sources d'oppression. Par ailleurs, le genre se construit, étant donné que c'est une construction sociale, et n'est pas « spontané ». J'ai lu plusieurs personnes se disant xenogenres expliquer que leur genre était dans leur cerveau, ce qui est complètement essentialiste. Une construction sociale n'est pas innée, ce n'est pas votre cerveau qui l'a construite en autonomie totale, de manière totalement indépendante des normes sociales. Si vous pensez que votre genre est apparu en même temps que votre cerveau, n'utilisez pas la notion de genre, ce n'est pas ce qu'elle signifie.

À partir de ces re-définitions approximatives, les personnes non-binaires, c'est à dire qui ont genre (ressenti, donc...) qui n'est pas exclusivement, ou pas du tout, masculin ou féminin, ne sont pas cis, et sont donc trans. Enfin en général, non, ce n'est même pas qu'on dit qu'elles sont trans mais qu'elles sont légitimes à se dire trans, comme si c'était un privilège d'avoir le droit de rentrer dans ce cercle si fermé. Trans, ok, mais sans aucun lien avec une quelconque forme de transition hein, on va pas non plus poser des définitions trop fermées sur des mots, ça serait oppressif.

Alors il y a plusieurs cas de figure, évidemment. Il y a des personnes qui transitionnent ou qui désirent transitionner, et qui se disent non-binaires. Il y a aussi des personnes qui ne transitionnent pas et ne comptent pas le faire, et qui se disent non-binaires. À partir de là, mettons tout ce monde sous le même parapluie, et appelons ça « le spectre non-binaire », qui s'oppose aux binaires et faisons comme si toutes ces personnes vivaient une oppression commune. Par « binaires », on entend simplement toute personne qui ne se dit pas non-binaire hein, n'allez pas chercher plus loin.
Donc ensuite, ça permet assez simplement de crier à l'oppression dés que quelqu'un ose remettre en cause la pertinence politique de la multiplication infinie des étiquettes de « genres », et concrètement, ça veut dire de réduire au silence des personnes trans dites « binaires », notamment dans des espaces d'auto-support trans.

Qui sont « les trans binaires » ?

Comme dit plus haut, ce sont les personnes trans qui ne se définissent pas comme non-binaires et/ou qui critiquent la (piteuse) tentative de politisation de la non-binarité (ou Unique En Son Genre). À partir de ce moment de l'article, je risque de m'énerver quelque peu, donc je vais tenter de garder mon calme et de faire preuve de pédagogie pour que mon propos reste lisible.
Quel est donc ce fameux privilège binaire ?

Pour tout dire, c'est un sacré fourre-tout pas très réfléchi ni très articulé, et rempli de contradictions internes et de remaniement en cours de route de ses propres re-définitions. L'astuce, c'est que dés que quelqu'un critique, il suffit de se boucher les oreilles et de dire qu'on est discriminé-e par les interrogations des méchant-e-s binaires.

Par exemple (j'invente rien hein, ce sont uniquement des choses que j'ai lues plusieurs fois) :

  1. Le privilège binaire, c'est de pouvoir changer d'état civil, alors que les non-binaires ne peuvent pas avoir le genre qui correspond à leur ressenti sur leurs papiers d'identité.

  2. Les trans binaires n'ont pas besoin de mentir à leur psy pour avoir une attestation.

  3. C'est, après une transition médicalisée, d'avoir un cispassing, et du coup paf, plus de transphobie.

  4. C'est d'avoir fait une opération génitale, et de juger les non-binaires qui n'en veulent pas.

  5. C'est que les trans binaires sont visibles et pas les non-binaires qui souffrent de l'invisibilité.
Alors, reprenons dans l'ordre (en rappelant que, hey, grande nouvelle : il existe tout un panel de transitions, on se fatigue à le répéter depuis des lustres, on n'a pas tou-te-s les mêmes besoins et les mêmes envies) :

  1. À quel moment est-ce un privilège de devoir passer par l'approbation d'un juge pour avoir le droit de changer d'état civil ? C'est un privilège que des cis légifèrent sur nos droits en s’asseyant gaiement sur les revendications des associations trans (c'est à dire : changement d'état civil libre et gratuit sur simple déclaration en mairie) ? Non.
  2. Comme pour le premier point, être forcé-e d'avoir une attestation psy pour entamer une transition médicalisée, c'est pas un privilège, au contraire. Et saviez-vous que les « trans binaires » sont tout autant que vous forcé-e-s d'adopter un discours caricatural et stéréotypé pour obtenir une attestation ? On dirait Colette Chiland3 quand vous dites des choses aussi stupides. J'ajoute que si par exemple un homme trans a su qu'il était trans à 3 ans, qu'il a joué aux petites voitures et qu'il aime le foot, tant mieux pour lui si ça lui facilite sa transition en fait, le problème c'est qu'on ai tou-te-s à se conformer à ce discours pour coller aux stéréotypes que les cis nous associent, pas que certain-e-s d'entre nous y collent.
  3. Donc là on apprend que toutes les personnes trans qui font une transition médicalisée ont un cispassing. Faux. Et avoir un cispassing est un avantage, oui : on risque moins de se faire casser la gueule dans la rue, on galère moins à trouver du taf (si on n'a pas été trop abimé-e-s par la transphobie et qu'on est en état d'en chercher un), etc. Mais enfin dans quel monde vous vivez pour penser que paf, si on est perçu-e-s comme cis dans la plupart des situations de la vie sociale, ça nous protège totalement de la transphobie ? À moins d'arrêter complètement : d'aller chez le médecin, d'avoir une vie familiale, une vie amoureuse et/ou sexuelle, de vouloir des enfants, de fréquenter toute personne qu'on a connu avant transition, et de ne jamais parler de notre passé, oui ça va c'est cool. Avoir un cispassing est un avantage, qui nous permet d'accéder à un certain nombre de privilèges, sous conditions que personne ne découvre qu'on est trans, ce qui, au passage, peut être une sacré source d'angoisse au quotidien. Et puis avoir un cispassing ne va pas automatiquement avec avoir des papiers dans le bon genre, pour rappel. Par ailleurs, les personnes qui se disent non-binaires sont tout aussi susceptibles que les personnes trans dites binaires d'avoir un cispassing (qui se soit parce qu'elles transitionnent… ou parce qu'elles ne transitionnent pas, enfin qu'elles sont cis quoi).
  4. Cette histoire d'opérations génitales m'énerve vraiment beaucoup. C'est très loin d'être un privilège d'avoir besoin d'avoir recours à des traitements médicaux pour transitionner. Ça implique de devoir faire face à des médecins, généralement transphobes, et même si illes ne le sont pas, on a quand même besoin de leur aval pour faire quoi que ce soit, et on dépend d'elleux. La plupart des endocs dans le privé ont des dépassements d'honoraires, pareil pour les chirurgie, à une autre échelle de prix. Souvent on ne trouve personne pour nous suivre à l'endroit dans lequel on habite. Des personnes trans doivent aller à l'étranger pour se faire opérer et ces opérations coûtent cher, alors qu'on est une population précaire. Si on veut avoir accès à une opération génitale en France, on doit passer par les équipes pluridisciplinaires, qui sont une institution transphobe et qui ont la main-mise sur ce type d'opérations. Pour que ces opés soient remboursées, on nous oblige à deux ans de suivi psy, sinon c'est mort, pas d'entente préalable. Et qu'est-ce qui vous fait penser que c'est un privilège d'avoir besoin d'une opération, de se sentir mal à l'aise avec une partie de son corps ? Paye ton privilège, sérieux. Et d'où sort cette idée que les « trans binaires » se font tou-te-s opérer du bas ? Je croyais que le genre et le corps n'avait aucun rapport ? Là comme par magie, si. Et oui, certaines personnes trans tiennent des propos qui craignent à l'encontre des personnes trans qui ne souhaitent pas ce type d'opérations. Mais en quoi est-ce un privilège ? Elles ne forment pas un groupe social distinct des autres personnes trans, et ne tirent pas de privilèges du fait de critiquer les personnes qui ne sont font pas opérer, elles subissent elles-mêmes la transphobie, et elles n'ont aucun pouvoir qui leur permet de tirer un quelconque privilège de la situation.
  5. Que nous apporte la visibilité ? Ben en fait globalement, si on est visibles en tant que trans, on risque de subir des violences. Super hein ? À chaque fois qu'on est visibles, contre ou de notre plein gré, on risque de se faire tabasser, violer, insulter, discriminer. Je suis un mec trans, j'effectue une transition pour être perçu en tant que mec parce que c'est comme ça que je suis le plus à l'aise. Vous croyez sincèrement que les cis en ont quelque chose à battre de comment je considère mon genre, d'où je me situe sur « le spectre du genre » ? Non, illes s'en foutent, ce qui les intéresse, c'est que j'ai transitionné, et que du coup je ne suis pas « un vrai mec » pour elleux, c'est à dire pas un mec cis. C'est sur cette base, parce que parfois les gens ont accès à l'information que je suis trans, que je subis une oppression et que les gens ont des comportement et des propos transphobes à mon encontre, pas à cause de mon ressenti.
On constate quand même beaucoup dans ces exemple une tendance à se calquer sur la distinction des psychiatres entre trans primaires et trans secondaires, mais je dis ça je dis rien. Enfin sauf que les psys ne disent pas que les trans primaires oppressent les trans secondaires.

À qui sert le découpage entre trans « binaires » et « non-binaires » ?

Étant donné que la pseudo non-binarité politique n'a pas vraiment d'existence en dehors d'internet, le seul effet concret que je vois, c'est qu'un petit groupe qui exotise les oppressions se fait mousser et assoit son petit pouvoir en parasitant les groupes d'auto-support trans en ligne, qui sont, pour encore pas mal de personnes trans, les seules sources pour avoir accès à des informations sur les transitions et du soutien communautaire face à la transphobie et l'isolement. Cela a pour effet d'éloigner les personnes qui en auraient besoin des informations fiables et du soutien dont elles ont besoin. Ça va de pair à le fait de considérer que les associations trans sont pleines de trans binaires, et de décourager des personnes en questionnement d'aller les consulter, et donc de les priver d'informations et de rencontrer d'autres personnes trans dans la vraie vie. Parce que merci, mais si les ressources ce sont des listes d'identités, et ensuite t'es lâché-e dans la nature avec tes belles étiquettes, ben t'es pas dans la merde hein… Le développement personnel, c'est pas de la lutte contre la transphobie.

Ces groupes forment une petite élite de gens qui se branlent sur des concepts qu'ils se sont appropriés parce que les oppressions c'est sexy, et toute personne en questionnement qui débarque et qui ne maîtrise pas le vocabulaire se fera descendre à toute vitesse. J'ai vu plusieurs fois des personnes trans qui étaient dans la merde et cherchaient de l'aide qui arrivaient en disant « bonjour je suis transsexuelle », ou « je suis né dans le mauvais corps », ou « j'aimerais devenir un garçon », ben 50 personnes leur sont tombées dessus en les engueulant parce que c'est trop pas ça qu'il faut dire, c'est trop oppressif, allez, t'es transphobe et binaire, tu dégages parce que c'est trop malaisant pour les gens déconstruits que tu dises des choses aussi terribles, suppôt du cissexisme, truscum, transmédicaliste, sale TERF. D'ailleurs surtout ne vous posez pas de questions sur le fait d'avoir des insultes (truscum et transmédicaliste) spécifiquement tournées vers les personnes trans, comme si elles en chiaient pas assez.

Faire croire que les trans que vous dites binaires vous oppriment, ça sert juste le cistème en fait.

Notes:
2http://uniqueensongenre.eklablog.fr/c-est-quoi-un-xenogenre-a126849802
3« Il n’est pas question qu’un transsexuel mâle biologique soit féministe, il ne peut que se conformer d’une manière caricaturale aux stéréotypes sociaux pour se faire reconnaître comme femme (et vice versa). Le discours des transsexuels interrogés sur ce qu’est la masculinité ou la féminité est remarquablement pauvre et conformiste. »
(C. Chiland, Changer de sexe, pp. 66-67).

mardi 15 novembre 2016

Récapitulatif photos sur 4 ans de mon opération du torse.



Bon bah voilà, j'ai fouillé mon ordi pour retrouver mes photos et les poster sur le nouveau forum, du coup j'en profite pour les poster ici aussi. Je trouve que ça a beaucoup évolué sur la dernière année au niveau du blanchissement des cicatrices.




mercredi 28 septembre 2016

Comment je suis devenu problématique

[Edit: ne vous fatiguez pas à laisser un commentaire pour dire "c'est terriiiiible, tu mets tou-te-s les NB dans la même panier, je ne le validerai pas. Et si vous laissez un commentaire pour m'expliquer comment je suis trop méchant, ayez l'amabilité de le mettre sous le bon article et pas sous mon témoignage d'agressions sexuelles, merci bien.]

C'est un article avec plein de trucs en vrac qui m'énervent, et encore j'ai essayé de ranger un peu, mais vraiment à me gonfle, alors pouet. Comme son contenu pourrait heurter la sensibilité d'autrui, je me permet d'emprunter le « TW : questionnement politique » que j'ai trouvé très approprié.

  • Visiblement maintenant FtM et MtF ce sont des termes transphobes, par contre, afab et amab, termes qui ne parlent que du genre d'assignation soit dit en passant, non. C'est magique.

  • Dire à des gens qui débarquent, se réapproprient les luttes trans en traitant les trans qui ont lutté pendant des dizaines d'année de sales binaires transphobes, d'aller se renseigner sur les luttes trans au lieu de dire n'importe quoi, c'est agiste.
  • Des personnes qui collaborent avec l'Inter-LGBT en piétinant le travail des associations trans viennent faire la leçon à des trans qui militent depuis des années, en les traitant de transphobes, alors qu'elles ont donné des bons points au PS pour leur projet de loi merdique. TOUT VA BIEN.

Dire « une personne assignée femme qui a une expression de genre féminine, qui utilise un prénom et des pronoms féminins et qui n'a aucune intention de transitionner, si elle se sent demi-girl, elle est trans », désolé (ou pas) mais ça n'a pas de sens. C'est exactement le « on est tou-te-s un peu trans » d'il y a quelques années, et c'est toujours aussi pourave. Vous n'avez visiblement aucune idée de ce que « transphobie » peut bien vouloir dire. Je pense que l'auto-définition a ses limites et que là ça va, on les a largement atteintes et dépassées. Soit cette personne n'a aucune intention de transitionner (et par transitionner je parle de transitionner socialement, pas de prendre des hormones ou de se faire opérer, je vous vois arriver pour me traiter de truscum), elle est cis. Soit elle est en questionnement (et je ne sais pas vous, mais quand j'étais en questionnement je n'allais pas expliquer la transphobie à des personnes qui la vivaient depuis des années). Au passage j'ai l'impression que maintenant, « en questionnement » c'est passé à la trappe et que certain-e-s poussent plutôt les gens à se créer leurs propres identités dans laquelle illes seront seul-e-s, ensuite on leur envoie des câlins non-oppressifs et puis voilà, démerde-toi avec ça.

Non en fait, dire que ton genre est « jaune », « blaireau » ou « froid » (véridique) ne veut pas dire que tu es trans. Déjà, le genre s'ancre dans le social. On vit dans une société binaire qui reconnaît le masculin et le féminin. À partir de là, on ne peut pas utiliser un mot qui veut dire quelque chose de précis, et qui est surtout un outil pour décrire des oppressions précises (le sexisme et la transphobie par exemple) pour en faire n'importe quoi. Une métaphore pour décrire ce que t'évoque ton genre ne s'ancre pas dans le social, personne ne va te refuser un job, t'agresser, te violer, tu ne vas pas être précaire parce que ton genre t'évoque une métaphore.

Expliquer que les trans non-binaires vivent des oppressions spécifiques par rapport aux trans « binaires » (hahaha) sans jamais être capable de donner un seul exemple d'oppression spécifique qui ne soit pas simplement de la transphobie, ça prouve ce que ça prouve hein.

Y'a aussi les non-binaires en mode « mon genre est plutôt masculin mais je ne suis pas un stéréotype de masculinité, alors je suis non-binaire », hé coucou, c'est le cas de la plupart des gens en fait ! Pour reprendre l'exemple du dessus d'une personne assignée femme qui se sent demi-girl, ça veut dire quoi ? T'as été assignée fille, mais en fait ton genre est 50 % féminin et le reste est « neutre » ? Mais enfin personne ne colle à 100 % aux stéréotypes de genre, pourquoi est-ce qu'il y aurait besoin de faire de ce constat une identité ? Je vois au moins 3 gros problèmes à ça :
  • ça laisse penser que, comme soudain c'est nécessaire d'en faire une identité, c'est en fait minoritaire de ne pas coller complètement à son genre assigné, ce qui est faux et contribue à renforcer les stéréotypes de genre.
  • des féministes ont depuis bien longtemps rendu ça visible, mais oui très bien, faisons comme si on venait de le découvrir sur tumblr. C'est une posture politique et pas une identité de mettre en avant le fait que le genre est un construit social.
  • vous squattez les luttes des personnes trans et vous vous permettez de venir dire que passer par un tribunal qui va nous demander d'être stérile pour changer d'état civil, au fond c'est un privilège de trans binaire.

En passant j'aimerais aussi rappeler que ça fait des années qu'on rabâche que chaque transition est unique, et que « trans » est un mot inclusif qui recouvre plein de manières de se vivre. Et en fait l'intérêt d'avoir un mot commun qui recouvre toutes ces façons de transitionner, c'est de trouver des choses qu'on vit en commun et de trouver ensemble des manières de lutter contre la transphobie. Du coup ces histoires de micro-identités qui se créent presque chaque jour, politiquement ça me dépasse. Ça fait longtemps qu'on sait qu'on est tou-te-s différent-e-s, bon c'est très bien, et qu'est-ce qu'on fait ensuite collectivement ?

Et alors ces gens qui se veulent trop « safe » et « déconstruits » et qui virent des personnes trans précarisées et isolées d'espaces trans dont elles ont vraiment besoin parce qu'elles sont « xenogenrephobes » (sous prétexte, au hasard, qu'elles ont demandé ce qu'une personne dont le genre est hibou et qui n'a aucune intention de transitionner -voir plus haut ce que j'entends par transitionner- vient chercher dans un groupe trans), en invitant plus ou moins subtilement à les harceler, vous foutez juste la gerbe, sortez de votre petit monde merdique de licornes et de paillettes et rendez-vous compte de la merde que vous créez et de comment vous n'êtes pas « safe ». Et puis allons-y, traitons des meufs trans féministes de TERF alors qu'elles sont déjà harcelées par des TERF, c'est cool, y'a pas de soucis. Sérieux les gens, collez vous un « TW » sur la tronche, vous êtes problématiques (lol).

Tant que je suis là à râler, j'ai envie aussi de parler de ces mots qui me filent des boutons : « safe » et « déconstruit » parmi tant d'autres. Ces mots que je vois tout le temps et qui ne veulent plus rien dire.

Safe


« Salut, je cherche un médecin safe », « cette personne n'est pas safe ». MAIS QU'EST CE QUE CA VEUT DIRE ??? Précisez ce que vous cherchez, enfin ! Est-ce que ça veut dire que tu cherches un médecin qui ne va pas te mégenrer ? Qui ne va pas te demander d'attestation psy ? Qui va mettre un « TW » avant de te poser une question foireuse ? J'ai vu je ne sais pas combien de personne dire « j'ai vu ce médecin, je l'ai trouvé safe », et ensuite quand la personne finit par développer ce qu'elle voulait dire par là, ça veut juste dire que la personne a évité de la genrer pendant la consultation, tout en posant 50 questions ultra intrusives et horribles mais sans avoir un ton agressif, et à côté de ça des gens arrivent en disant « ce médecin n'est pas safe » pour complètement d'autres raisons. Mais comme « safe » est un super mot qui permet d'inclure ou d'exclure quelqu'un de tout et n'importe quoi, comme « problématique », ben y'a pas besoin de développer, et on est bien avancé-e-s. (Au passage, ça m'énerve vraiment, parce que y'a des endroits où trouver des médecins, ne serait-ce que pour un renouvellement de prescription d'hormones qui ne te mette pas en danger en te prescrivant n'importe quoi, si ille a accepté de te voir, déjà, c'est franchement très compliqué. Alors le minimum de solidarité quand on utilise les liste de médecins qui existent, que des gens se sont fait chier à aller démarcher, et qu'on fait un retour dessus, c'est cool de pas juste résumer à « safe ou pas safe », et d'expliquer ce qu'on veut dire par là. Parce qu'on n'a pas forcément 50 choix de médecins, et que ça peut être très chouette pour les trans qui passent après de savoir si illes se sentent d'aller voir ces médecins et de pouvoir se préparer, de demander à quelqu'un de les accompagner, ou de décider de démarcher quelqu'un d'autre, etc. Et moi je vis dans un monde où à force je sais que je ne trouverai jamais un médecin qui sera à 100% parfait sur la transidentité, mais, comme beaucoup de gens, j'ai besoin d'aller voir des médecins parfois, ben j'essaie de mettre collectivement en place des stratégies pour que ça se passe le moins mal possible.)

Déconstruit


On se déconstruit dans le but de devenir safe. Comme safe veut tout et rien dire, et bien déconstruit aussi. Souvent on a l'impression que ça y'est, quand une personne est déconstruite, c'est fait pour de bon, c'est formidable, elle n'oppresse plus personne, elle est safe et n'est pas problématique. Jusqu'à ce que quelqu'un décrète que oula, cette personne a été problématique et/ou pas safe, alors paf, ça y est, elle est toute reconstruite et c'est la merde. J'ai présentement l'impression d'être un Shadock. Un jour j'ai vu une non-mixité qui se terminait par « et personnes déconstruites », j'ai trouvé ça vraiment formidable.
Moi je trouve qu'allié-e c'est bien plus pertinent comme terme, parce que, prenons l'exemple d'allié-e-s cis des luttes trans: 
  • on sait de quoi on parle (on parle des luttes trans)
  • on est allié-e de quelque chose, et pas «déconstuit-e» dans le vide sur tous les sujets 
  • on s'allie à quelque chose de précis (une lutte), à une place précise (d'allié-e), et on travaille à être un-e bon-ne allié-e, et pas à «déconstruire» on ne sait quoi autour de son propre nombril, alors qu'on est extérieur à cette lutte
  • on essaie de contribuer en tant qu'allié-e à une lutte, ce qui a pour but d'aider sur des points précis des personnes directement concernées par cette lutte, ce qui me semble être un but bien plus important que la «déconstruction» de sa petite personne.



Bref, voilà, je suis un vieux trans binaire je pense, de toute façon bon, je suis bi alors évidemment c'était sûr que j'étais binaire, et puis bon visiblement matérialiste c'est devenu une insulte aussi, alors ne réfléchissons par trop et balançons nous des seaux de paillettes non-oppressives à la tronche et tout ira bien.

vendredi 1 juillet 2016

Témoignage agressions sexuelles [Attention, témoignages et description d'agressions sexuelles, transphobie]


[Attention, témoignages et description d'agressions sexuelles, transphobie]


Je voulais écrire quelque chose là dessus. Alors ça a commencé par un récapitulatif, sous forme d'une liste, de témoignages d'agressions sexuelles que j'ai vécues entre mes 14 ans et aujourd'hui, 14 ans plus tard. J'aurais voulu en faire quelque chose de plus empowering comme on dit en anglais (et que je ne sais pas comment traduire en français, mais pour résumer vite, environ: un truc qui crée de la force, qui permet de prendre du pouvoir), en proposant des pistes pour pour se protéger et pour se remettre de ce genre de choses. Mais en fait pour le moment c'est pas encore possible, parce que je les cherches ces pistes. Je ré-écrirai plus tard, dans quelques mois j'espère, pour parler de ce que j'ai trouvé comme ressources pour me sortir de cet état désagréable dans lequel je suis en ce moment. J'avoue que j'espère qu'écrire et témoigner là dessus aura un effet positif sur moi.

Chronologie :

  • 14 ans (perçu comme fille) : Je suis en stage dans un magasin. Le petit-fils du patron traîne souvent par là et me tourne autour. Je suis en train d'accrocher des fringues et il en profite pour venir me peloter. Il m'embrasse dans la réserve. Quelques jours plus tard on a rendez-vous à la piscine. Quand on sort du bassin, il me suit dans ma cabine et ferme la porte derrière lui. Il se déshabille, essaie de m'enlever mon maillot de bain tout en se frottant contre moi et en me caressant l'entre-jambe et essaie de me faire toucher sa bite. Il veut me pénétrer, je dis non, il insiste, mes refus/son insistance durent longtemps. Il finit par laisser tomber et sortir de la cabine. Ensuite il me dit « désolé, j'ai abusé ». Ben oui. On ne se reverra pas ensuite, on se croisera juste dans un marché aux puces quelques mois plus tard, il fera comme si on ne se connaissait pas.
  • 16-18 ans (perçu -et je me vis- comme gouine, je suis perçu comme meuf en général mais pas tout le temps) : Je sors avec une fille qui me fout la pression pour que je me féminise, et se fout de ma gueule dans des contextes sexuels (de mon « manque d'expérience », du fait que je sois mal à l'aise, de mon corps, me reproche de ne pas avoir d'orgasme et de ne pas « arriver à lui en donner »), souvent en public. Elle me réveille souvent la nuit pour baiser (enfin plus précisément je me réveille souvent la nuit alors qu'elle est en train de me toucher). Parfois je dis que je n'ai pas envie d'avoir de rapport sexuel, mais ça se produit quand même. Quand je finis par réussir à la quitter, elle me harcèle pendant des mois, échafaude des plans pour « me récupérer » et monte des amies contre moi pour m'espionner. Je finis par réussir à couper complètement les ponts plus d'un an après la rupture. 10 ans plus tard, j'ai toujours peur de la croiser quand je passe dans la région, et j'ai parfois l'impression de la croiser dans la rue ou dans le bus alors que j'habite à l'autre bout de la fRance.
Entre mes 26 et 28 ans, soit ces deux dernières années (mec trans, perçu comme mec cis au premier abord, mais directement comme mec trans sur les sites de rencontre).
  • Je baise avec un mec cis rencontré sur internet. J'ai précisé que je ne pratiquais pas la sodomie. À un moment il essaie quand même. Je dis non, il arrête. Il me pénètre vaginalement depuis un moment, je commence à avoir mal, donc je lui dit « attends, arrête, j'ai mal », il répond « non attend, j'ai presque fini » et ne s'arrête pas.
  • Je suis chez un mec que j'ai rencontré sur internet. Quand il baisse mon boxer, il dit « ça fait longtemps que j'ai pas baisé avec une meuf ». Je ne réponds pas et commence à baliser. Il me coince contre un mur et commence à essayer de frotter sa bite contre mon génital sans capote. Je lui en tends une et lui dit de la mettre, il la prend et la pose par terre. Je la reprends et lui redemande de la mettre. D'un air exaspéré il dit « non, je la mettrai plus tard, arrête ». Je ne dis plus rien, j'ai envie de gerber et de partir mais je n'y arrive pas. Il la mettra effectivement plus tard, quand IL l'aura décidé. À la fin il me demande subtilement si je trouve quand même (= même si je suis trans) des gens qui veulent bien baiser avec moi. Pour la suite, voir là : http://imnotacisboy.blogspot.fr/2015/10/plans-cul-agressions-et-medecins.html (Je l'avais bloqué sur le site sur lequel il m'avait contacté. Quelques temps plus tard, il a créé un nouveau compte et m'a recontacté. Je lui ai foutu sous le nez ce qu'il avait dit et fait. Il n'en a rien eu à faire, ne s'est pas excusé et m'a proposé de re-baiser). 
  • Un mec cis que j'ai rencontré au sauna. Soudain, alors qu'on était en train de baiser, il me dit « ha mais tu baises avec des meufs, t'es gouine en fait d'habitude ». Je le pousse, lui dit qu'il est trop con et me casse. Je suis fier de moi d'avoir réussi à l'envoyer chier.
  • Un mec cis rencontré sur internet. Je reste 10 minutes chez lui en tout, il n'en a visiblement rien à foutre du fait que je prenne ou non mon pied, quand il a joui il faut que je me casse. Quand je rentre chez moi, j'ai un message de sa part sur l'application de rencontre : « t'es encore chaude ? ». Je l'engueule parce qu'il m'a parlé au féminin, il répond qu'il « parle de ma chatte », sans s'excuser. Quelques heures plus tard, il me recontacte encore en me parlant de nouveau au féminin , et me dit que dire qu'on est un mec et se servir de son vagin, c'est quand même chelou.
  • Un mec cis rencontré sur internet. Pendant qu'on baise, il utilise beaucoup (beaucoup) d'insultes au féminin, alors que j'avais dit que les insultes c'était ok, mais pas au féminin. Je ne me sens pas très bien mais je n'arrive pas à le dire. À la fin, il a dit "c'était ma première fois avec une trans". J'ai répondu : "Non, UN trans", et là il s'est marré, il a fait un sourire vraiment méga creepy et il a dit "ouais enfin avec une meuf tout court quoi". Là j'ai arrêté de répondre, parce que c'est devenu évident pour moi que c'était pas de la """maladresse""" mais qu'il le faisait exprès, et son sourire était vraiment super flippant. J'ai eu TRES peur et j'espérais juste qu'il allait se casser le plus vite possible et ne pas faire autre chose. Il s'est rhabillé et il a dit "j'espère que c'était quand même bien pour toi", et ce "quand même" est horrible aussi en fait.
Ça se conclue par le fait que cette dernière expérience abusive m'a complètement traumatisé, et que là je n'y arrive plus. S'ajoutent à ça les deux mecs cis avec qui j'ai déjà baisé qui me relancent malgré le fait que j'ai dit stop, que ce n'était pas du tout le moment. Y'en a un qui s'est permis de mal le prendre et de me faire une leçon sur le fait que je devrais baiser avec lui et qu'après ça irait mieux, et l'autre qui s'en fout et continue à me relancer toutes les semaines même si je lui ai dit clairement que ça n'allait pas du tout et que JE le recontacterai quand ça ira mieux (maintenant qu'il a insisté, ça devient évident que je ne le recontacterai pas).

Voilà, alors maintenant, je ne sais pas bien quoi faire de tout ça. Quand j'étais en couple considéré comme lesbien, je n'ai pas pu sur le coup mettre le mot de violences conjugales dessus, parce qu'il n'y avait pas de témoignages ni de supports accessibles sur ce thème à l'époque (d'autant qu'en 2006 ne commençais tout juste à avoir internet, sur l'ordinateur familial, avec une connexion en carton), les violences conjugales pour moi c'était un truc d'hétéro, ça ne pouvait pas me concerner. 

Actuellement, je bloque, parce que trouver des témoignages et des ressources sur des agressions sexuelles sur des personnes trans masculines, c'est galère aussi (évidemment, j'ai beaucoup de mal à lire en anglais alors j'imagine que ça ne doit pas aider). Alors je sais pas, voilà, je témoigne. Mais pour le moment, je ne sais pas vraiment quoi en dire, ni comment analyser tout ça, ni comment sortir de cet état merdique dans lequel je suis depuis plus de 3 mois. Je ne sais pas comment gérer ça, je m'inquiète pour tous les blocages (et dans une certaine mesure, une dysphorie que je n'avais jamais vraiment expérimentée) que la dernière expérience merdique a créés chez moi. Je suis inquiet à propos de comment gérer ça, et comment je vais gérer à l'avenir ma vie sexuelle et mes relations avec des « plans cul ». 

Les fois précédentes, j'ai géré ça en zappant ce qui s'était passé, et en passant le plus vite possible à autre chose, en minimisant les faits. Je suppose qu'il y a une part importante de transphobie intériorisée dans le fait de m'être dit plus ou moins consciemment que déjà c'était galère de trouver des gens qui voulaient bien baiser avec moi, j'allais pas en plus faire chier au moindre dérapage. Alors celui qui m'a dit « non attends, j'ai presque fini », j'ai préféré considérer que ça s'était « bien passé ». Alors qu'en fait non, si je dis stop, c'est stop, et c'est stop maintenant. Si je dis que j'ai mal, tu te préoccupes de ça connard, et pas de ton orgasme. Je pense qu'il y aussi une histoire de complexe d'infériorité, déjà avant d'avoir conscience que j'étais trans, quand j'étais en couple avec cette meuf qui m'a foutu dans la tête que j'étais de la merde, j'ai fini par y croire, par penser qu'elle avait raison, qu'elle avait plus d'expérience et qu'elle avait le droit de se foutre de ma gueule, de ma sexualité, de mon corps.

En ce moment, je suis aussi très en colère contre tous ces connards. Contre la première personne qui n'en a rien eu à foutre de mon consentement, et contre toutes celles qui ont suivi. Contre le dernier connard qui m'a utilisé après m'avoir manipulé en me faisant croire qu'il respectait mon identité, juste pour me sauter et m'humilier ensuite. Contre ces personnes qui ont eu l'impression de me faire une fleur en acceptant de baiser avec moi, pauvre trans. Contre celles qui n'en ont rien à foutre de moi, mais sont juste excitées par le fait que je sois trans. Contre ces sacs à merdes qui ont foutu en l'air des années de travail sur moi pour être à peu près à l'aise avec mon corps, ce qui fait que me foutre à poil, même seul, est devenu compliqué. Contre ces personnes qui pensent que je ne mérite pas qu'on mette une capote avec moi, parce que je suis que dalle pour elles. Contre le personnel médical qui a fait de la merde avec moi quand j'ai cru que j'avais une IST après une agression. 

Et oui, c'est pas cool mais c'est ce que je pense maintenant, et j'imagine que ça va finir par passer, mais je suis en colère contre moi de galérer pour en parler, d'avoir fait l'autruche en me faisant croire que tout allait bien à plusieurs moments après des agressions et que ça me pète maintenant à la gueule, et aussi pour ne pas avoir le courage de retrouver ces connards pour leur foutre le nez dans leur merde, parce que j'aimerais être assez confiant, sûr de moi et fort pour le faire.
Et là, je suis en colère parce que ça ne devrait pas être à moi de me sentir mal.

vendredi 16 octobre 2015

Plans cul, agressions et médecins


Je baise occasionnellement avec des mecs cis, et ça se ne se passe généralement pas très bien. Généralement je rentre en contact en ligne, mais c'est m'est aussi arrivé d'aller au sauna et de trouver quelqu'un sur place. En ligne ça simplifie les choses pour moi, parce que j'ai plus de facilités à verbaliser ce que je cherche et mes limites. En théorie, si des gens disent quelque chose qui craint, je les envoie directement bouler, parce que je considère que c'est rédhibitoire. En pratique parfois je suis passé sur des choses que des mecs ont dites, parce que je trouve ça quelque fois compliqué de tenir ça tout le temps.

La dernière fois, j'ai été au sauna et j'ai trouvé un mec sur place. Ça s'est mal passé, parce que pendant qu'on était en train de baiser il a dit de la merde. Je me suis senti mal parce que c'est violent de se prendre de la transphobie dans la gueule, d'autant plus quand je suis à poil et que c'est un truc de ré-assignation, mais j'étais content parce que j'ai réussi à arrêter le plan, à lui dire qu'il était un connard transphobe et à me casser.

Mais je ne suis pas toujours assez fort pour me tirer, et une autre fois avant ça, avec un connard mec que j'avais rencontré en ligne, ben j'ai pas réussi. Il n'a pas voulu mettre de capote quand je lui ai demandé de le faire (il l'a fait plus tard, quand lui en a eu envie). Avant ça, il a dit « ça fait longtemps que j'ai pas baisé avec une meuf », et j'ai pas réussi à l'envoyer chier. J'étais vraiment pas bien, je n'arrivais plus à dire ou faire ce que je voulais (l'insulter et me casser). Quand c'était fini, il a dit qu'il supposait que c'était compliqué pour moi de trouver des gays pour baiser (genre "je suis trop un mec sympa, j'ai bien voulu te sauter même si t'es trans"). Après ça, quelques jours plus tard, mes parties génitales ont commencé à me gratter et j'avais beaucoup de pertes, et au bout de plusieurs jours ça s'est beaucoup empiré et ça a terminé aux urgences. 


Là, j'en viens aux médecins. Pour faire court, j'en ai vu 5 différents (deux généralistes, un médecin d'SOS médecins, une gynéco et le médecin des urgences). 

  • Un généraliste, que j'ai vu deux fois pour ce problème là, ne m'a tout simplement pas examiné. La première fois il m'a juste donné un anti-douleur, la deuxième fois, alors que je suis arrivé à son cabinet de garde en n'ayant pas dormi depuis une semaine durant laquelle j'ai chialé et manqué de tomber dans les pommes à chaque fois que je devais pisser, et donc avec la gueule tordue par la douleur et en boitant et ne pouvant pas m'assoir, il n'a pas voulu m'examiner.
  • La première généraliste que j'ai vue, qui me connaît mieux que l'autre, lorsque je l'ai rappelée 2 jours après l'avoir vue parce que la douleur m'empêchait de dormir, a refusé de me prescrire des anti-douleurs.
  • La gynéco s'est comportée correctement et a été à l'écoute.
  • Le médecin des urgences, où je me suis rendu à reculons, parce que ma dernière expérience là bas avait été un concentré de transphobie, et parce que l'idée de me faire poser une sonde urinaire dans l'état où j'étais m'effrayait au plus haut point, n'a pas écouté quand je lui ai dit que j'avais trop mal pour qu'il m'examine avant de m'avoir donné un antidouleur, alors que je tremblais, que je me tordais de douleur, et que je n'avais pas pu pisser depuis plus de 12h. Je l'ai repoussé violemment, et là il a jugé opportun de me donner de la morphine avant d'essayer de me toucher. Il a ensuite perdu le prélèvement qui était le but de la manœuvre, et n'a pas jugé utile de m'en tenir informé, ce qui fait que suite à ça, j'ai poireauté plus d'un mois pour pouvoir faire un test sanguin me permettant de savoir si le connard avec qui j'avais baisé m'avait refilé une IST qui allait revenir périodiquement jusqu'à la fin de ma vie ou pas.
Au delà de la transphobie dont ont fait preuve la majorité des médecins que j'ai vus ce mois là (illes étaient clairement mal à l'aise avec le fait que je vienne les consulter pour un problème en lien avec mes parties génitales), d'autres choses m'ont dérangé dans ce qu'ils ont dit. 3 sur 4 (l'autre ne m'a même pas posé de questions), m'a demandé si j'avais eu un rapport sexuel. Tous ont sous-entendu que c'était avec un mec (comme j'ai un vagin, ça semble être la seule possibilité qui leur a traversé l'esprit), et qu'il s'agissait d'une pénétration pénis/vagin. Certes, là c'était le cas, mais ça aurait pu être un autre type de rapport et/ou j'ai pu de pas avoir eu que ça comme pratique au cours de ce rapport, ou ça aurait pu avoir lieu avec un autre type de partenaire. 

Les trois ont dit une phrase comme « Je suppose que c'était un rapport protégé ». Je trouve que ce type de question posée comme ça ne laisse pas la place à autre chose qu'à répondre par l'affirmative, parce que dire non implique d'admettre d'avoir fait quelque chose qui va être perçu comme une connerie. Par ailleurs, par « rapport protégé », ces médecins parlaient uniquement d'utiliser une capote dans le cadre d'une pénétration. Personne ne m'a demandé si je suçais avec ou sans capote et si je me faisais sucer avec ou sans carré de latex. Personne ne s'est demandé si j'avais utilisé des objets de façon safe ou pas. Ni si la personne avec qui j'avais baisé avait changé d'orifice sans changer de capote. Et personne ne s'est demandé si j'étais consentant. Et leurs questions ne laissaient pas de place, vu l'état d'anxiété dans lequel j'étais (après une agression sexuelle et en ayant peur de la transphobie des médecins), pour expliquer clairement ce qui s'était passé. 

Je pense qu'au delà du malaise qu'ils avaient l'air de ressentir face au fait de devoir m'examiner (c'est à dire en fait de simplement faire leur taff correctement), ils n'ont pas pensé que le fait que je sois trans fait que souvent, ces mecs cis ont l'impression de ma faire une fleur en baisant avec moi, et que ça leur donne l'impression de pouvoir me traiter comme de la merde. Je suis trans et comme beaucoup d'autres trans, j'ai des problèmes d'anxiété, qui font que pour moi dire « non », que ça soit à des plans cul ou à des médecins, c'est souvent vachement compliqué, tout comme tomber sur des personnes qui acceptent d'entendre quand je dis non, ou qui laissent de la place à mes limites.

Visibilité, y'en a marre que tout tourne autour de nos corps


Je voulais réagir sur un truc qui me met mal à l'aise. Ces derniers temps j'ai beaucoup vu tourner ce montage photo d'un trans qui s'est pris en photo tous les jours pendant plusieurs années pendant sa transition médicalisée. Je ne sais pas pourquoi ces photos tournent en masse en ce moment, mais en fait ça me gonfle. Je trouve ça cool que des trans témoignent de leur transition, parce que ça peut nous aider, nous, trans pendant nos propres transitions. Par contre, quand je vois les commentaires de plein de cis sur les réseaux sociaux quand ces montages tournent, en fait ça m'énerve. Parce que ces commentaires consistent à dire combien la personne en question est « réussie » (= a l'air cis), « sexy » (et si on est trans et moche?) ou « a eu raison de transitionner » (en vrai c'est souvent « de se transformer »). Au milieu de tout ça, bien sûr, y'a une plâtrée de sacs à merde qui viennent juste se la ramener pour dire que quand même, illes comprennent pas et que c'est trop bizarre, mais j'ai même pas envie de perdre mon temps à commenter ça. Là je veux parler des gens bien intentionnés qui viennent valider les trans, et plus particulièrement leurs corps, en pensant probablement que ça leur confère une super ouverture d'esprit. En fait c'est relou. 

J'aimerais qu'on n'ait plus à être validés par des cis qui nous viennent donner leur avis sur notre cis passing. Les trans qui sont validés et que ces personnes trouvent majoritairement sexy, ce sont ceux qui ne sont pas gros, qui ont de la barbe et des poils, qui sont vus comme beaux, qui sont opérés du torse, etc. Là c'est super, on octroie à ces trans un cis passing et on se demande si ils sont célibataires (et si ils sont en couple c'est jugé « trop chou » -oui, comme des chatons) (et oui, quand ce sont des mecs trans, comme par magie y'a presque que des meufs qui se posent la question, parce que bah évidemment on est supposés hétéros, quitte à être baisables). On n'a pas besoin de savoir si vous seriez enthousiaste à l'idée de baiser avec nous pour avoir un avis sur nos transitions en fait, merci. En fait je trouve ça hallucinant, quand je vois ce qu'implique ma transition dans ma vie, qu'y'ait des gens à qui ça inspire uniquement une échelle de sexytude.

Entre ces montages et les émissions de télé, je trouve que la visibilité ça pose quand même question, parce que ça se termine toujours en gros pathos ou en truc dégueulasse exotisant qui tourne toujours autour de nos corps. J'espère qu'un jour on n'aura plus besoin de ça, se mettre en scène nos transitions pour être validés, qu'on n'aura plus autant intériorisé la transphobie qu'on pense qu'il n'y a que la partie sensationnelle de nos transitions (le côté « transformation ») qui mérite d'être traitée, et qu'on sera écoutés quand on parle d'à quoi nous confrontent nos transitions (pas uniquement médicalisées, mais aussi et surtout sociales). J'espère qu'à un moment les cis réfléchiront à comment devenir des allié-e-s, et s'intéresseront à ce que ça nous renvoie quand la seule chose qui semble intéresser la majorité d'entre elleux, c'est si on est baisable ou « réussis ».

dimanche 22 mars 2015

Tuto injection d'Androtardyl (fesse)

Matériel

1. Boîte de récupération d'aiguilles usagées. Tu peux en demander en pharmacie (mais moi on n'a pas voulu m'en donner), dans les CAARUD (Centre d'accueil, d'accompagnement et de réduction des risques chez les usagers de drogues) par exemple. J'ai commandé la mienne en même temps que mes aiguilles et mes seringues sur internet.
2. Gel désinfectant pour se laver les mains.
3. Un sparadrap.
4. Là c'est un bout de compresse imbibée d'alcool, mais du désinfectant c'est bien aussi (c'est juste que ces trucs là c'est pratique à trimballer)
5. Une aiguille à intramusculaire (noire ici, donc 3 cm de longueur, mais on peut utiliser une verte, de 4 cm).
6. Une seringue.
7. Une aiguille pour aspirer le produit (rose).
8. Une ampoule d'Androtardyl.
9. Deux cotons.
10. (c'est pas sur la photo: de l'alcool à 90 si vous injectez seulement une partie de l'ampoule)

On trouve les aiguilles et les seringues en pharmacie, pour un euro par injection environ si ma mémoire est bonne. Là j'ai commandé par boîte de 100 sur internet et j'ai partagé avec des copains, j'en ai pour 10 centimes par injection (boîte et désinfectant compris).

Comment procéder?


Bien nettoyer l'endroit sur lequel tu poses votre matériel.
Pour que le produit à injecter ne soit pas trop épais, tu peux le garder contre toi (sous une aisselle par exemple) pendant quelques minutes, ou encore faire tremper l'ampoule dans un petit bol d'eau chaude pour fluidifier l'huile.

Bien se laver les mains.



On passe à l'ampoule. Sur celle-ci, on peut voir un point bleu.

D'abord, assure toi que tout le produit est dans la partie basse de l'ampoule. Pour tout faire tomber vers le bas de l'ampoule, tiens la fermement et donne un coup sec vers le bas.
Tiens l'ampoule avec le point bleu face à toi. Prends un coton et casse le haut de l'ampoule en tenant d'une main le bas de l'ampoule, et de l'autre (avec le coton) entre le pouce et l'index tenez le haut de l'ampoule (pouce sur le point bleu, index à l'arrière de l'ampoule), et tords le haut de l'ampoule vers l'arrière. (Bon, à l'écrit je ne sais pas si c'est clair, je voulais faire une vidéo mais mon ordinateur rame trop)
Si tu as géré ça correctement, l'ampoule n'a pas explosé et est maintenant ouverte. Pose la sur la table.

Ouvre l'emballage de la seringue (et garde l'emballage sur la table, ouvert, côté stérile vers le haut) et ouvre l'emballage de l'aiguille rose. Fixe l'aiguille sur la seringue.



Puis, aspire le produit dans l'ampoule. En y allant doucement je trouve qu'il y a moins de bulles.
Si tu injectes tout le contenu de l'ampoule, aspire tout le produit. Si tu en injectes moins:
- Soit tu partages ton ampoule avec quelqu'un d'autre, dans ce cas n'aspire que ce dont tu as besoin.
- Soit tu ne partages pas, donc aspire plus que ce que tu vas injecter (par exemple là, j'injecte 0,6 mL, donc j'aspire 0,8 ou 0,9 mL).



Tire ensuite le piston vers le bas de manière à ce que le produit soit assez bas dans la seringue.
Ouvre l'emballage de l'aiguille noire. Retire l'aiguille rose de la seringue et place la noire (ou la verte si tu as choisi une verte) à la place.

Ensuite, il faut chasser les bulles. Enfin dans la mesure du possible. Parfois je mettais un quart d'heure à virer toutes les microscopiques bulles en tapotant de l'ongle contre la seringue jusqu'à ce qu'on m'explique que lors d'une injection en intra-musculaire, seules les grosses bulles peuvent poser problème. On enlève les bulles par mesure de précaution, au cas où on injecterait dans une veine (mais on verra plus tard comme faire pour être certain de ne pas piquer dans une veine).
Bref, pour chasser l'air de la seringue, on la tient aiguille vers le haut et on "joue" avec le piston pour virer l'air et pas le produit. Comme pour l'ampoule, on peut donner un coup sec vers le bas pour faire descendre le produit et monter l'air.
C'est prêt une fois qu'il n'y a plus d'air ni dans la seringue ni dans l'aiguille (chasser la grosse bulle d'air qui est souvent présente à la jointure entre l'aiguille et la seringue -là où on voit la couleur (noir ou rose) de l'aiguille-).

On s'approche du but. 

Maintenant, où piquer? Quand on injecte dans la fesse, il faut piquer dans le quart supérieur extérieur. Pour simplifier, si on piquer dans sa fesse droite et qu'on fait une croix sur toute sa fesse de manière à la séparer en 4 parties égales, la zone d'injection sera en haut à droite. Pour la fesse gauche ce sera le quart en haut à gauche.
Pour éviter de me dessiner une crois au marqueur sur la fesse toutes les 2 semaines (c'est pas obligatoire mais ça me rassure), le copain qui m'a montré comment faire mes injections m'a tatoué une sorte de grain de beauté dans la zone d'injection, comme ça je pique simplement autour.

Quand vous tu as déterminé la zone, désinfecte la bien (vise large).

Voilà, ça c'est ma fesse droite, enchanté.

Quelle position pour piquer?

Certaines personnes se piquent debout (ce qui est pratique parce qu'on peut utiliser ses deux mains et s'aider d'un miroir). Moi je me pique couché parce que:
- être couché c'est ce que je préfère
- je trouve ça plus rassurant (j'ai peur de tomber ou je ne sais quoi).

Quoi qu'il en soit, trouve une position où ton muscle fessier est détendu (sinon l'aiguille va pas rentrer).

On y est!


Quand tu es prêt, inspire un bon coup et pique. Moi j'arrive pas à tout entrer d'un coup, d'un geste sûr et rapide, donc j'appuie doucement jusqu'à ce que ça rentre. Quand je me piquais y'a 4 ans, j'arrivais à rentrer d'un coup comme aux fléchettes, mais cette époque est révolue. Et contrairement à ce que je pensais, je ne sens pas grand chose dans un cas comme dans l'autre.

Une fois que l'aiguille est rentrée (en entier, c'est mieux, comme ça elle ne peut plus bouger en hauteur), tire sur le piston. Si rien ne se passe ou que de l'air entre dans la seringue, c'est bon, tu es dans le muscle! Si du sang entre, tu manques de bol et tu es dans une veine.
Si tu es dans une veine, ressorts l'aiguille de ta fesse, change d'aiguille et pique ailleurs.
Si tu es dans le muscle, pousse doucement sur le piston pour injecter le produit.

Quand c'est fait, sort l'aiguille du muscle. Tu peux compresser le point d'injection avec un coton imbibé d'alcool (moi je le fais si ça saigne beaucoup). Désinfecte et mets un beau sparadrap.



C'est bien de masser pour que le produit se propage bien dans le muscle et pour ne pas avoir mal dans les jours qui suivent. (J'avoue que quand j'injectais une ampoule entière, j'avais mal massage ou pas massage, peut être un tout petit peu moins avec massage, et à une demi-ampoule, je vois pas la différence non plus).

Jetez les aiguilles dans le conteneur à aiguilles (et la seringue si vous avez un énorme conteneur et que ça ne vous embête pas de le remplir plus vite), et tout le reste à la poubelle.


Si tu as un peu peur lors de tes premières injections, ça peut être cool de ne pas être seul quand tu te piques. Si personne ne peut t'assister en live, tu peux aussi demander à quelqu'un de te tenir compagnie par web cam interposée par exemple.

[Si t'as d'autres informations à apporter ou qu'il y a des parties qui ne sont pas claires, ou que t'as des idées de reformulations, n'hésite pas à me le dire parce que je ne suis pas sûr que tout soit ultra compréhensible]